« Racines spirituelles, héritage culturel », une conférence de Denis Tillinac à l’Institut Français.

Conférence inaugurale du nouvel Institut français, le 3 novembre, avec le romancier et essayiste Denis Tillinac, dans un dialogue en tribune avec les représentants des grands cultes au Gabon, autour de la thématique de la place de la religion dans le monde aujourd’hui.

Denis Tillinac s’appuie sur ses travaux récents sur le catholicisme1 pour mieux revendiquer le lien qui subsiste entre la culture et la religion, et la place retrouvée de cette dernière. Pour cet auteur, « le catholicisme romain a enfanté puis mis en forme toutes les figures de l’imaginaire occidental. On lui doit notre éthique, notre métaphysique, notre esthétique, notre érotique, notre rapport à la démocratie et à la féminité, nos aspirations idéales. Le cloître, le vitrail, Don Rodrigue, Don Camillo, l’art depuis le roman jusqu’au baroque, le monachisme, les splendeurs du Vatican, les fous de Dieu à Avila et les docteurs des grandes universités, les semaines saintes à Séville, les anges, le grégorien, les utopies politiques : le patrimoine spirituel et culturel du catholicisme est d’une variété et d’une fécondité extraordinaires. Mais on veut l’ignorer pour ne voir que les apparences figées d’une institution aux péripéties historiques très romanesques ».

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M. Denis Tillinac dialoguant en tribune avec les représentants des différents cultes ainsi qu’avec l’universitaire M. Guy Rossatanga-Rignault.

Interrogé par le quotidien « Le Monde », Tillinac estime « qu’un renouveau est probable, parce que l’on prend de plus en plus conscience qu’il est impossible d’affronter la modernité sans une référence transcendante [...]. L’honneur de l’Église est de se définir systématiquement contre l’air du temps ; d’autant plus dans une société de spectacle, mercantile comme la nôtre, où le culte de l’innovation semble être la seule idéologie, et qui de façon compensatoire produit une espèce de paganisme polythéiste avec cette profusion d’idoles du sport, du showbiz, du cinéma ou de la politique. Cela illustre bien un manque ; on invente des divinités, puis on les oublie. Cette mode passera, et si l’Église temporelle est faillible, l’Église spirituelle est sainte, et ce référent va paraître de plus en plus nécessaire. »
Denis Tillinac offre également une réflexion sur l’âme des peuples dans notre village planétaire, une quête de l’universel par le biais de la singularité. Il aura certainement à cœur de montrer que son analyse est aussi prégnante au Gabon qu’en Europe, dans un milieu plus récemment évangélisé, avec des racines probablement plus diversifiées. Et qu’elle pourrait s’appliquer également à cette autre grande « religion du Livre » qu’est l’Islam, une religion de forte culture, qui sait cependant s’adapter à tous les horizons. Une table ronde avec des représentants des cultes musulman et catholique au Gabon, suivie d’un débat avec le public, pourraient nous permettre de mieux échanger sur ces réalités spirituelles, culturelles et sociales.
Denis Tillinac, romancier, ancien journaliste, éditeur et conseiller personnel du Président Jacques Chirac, a la foi du charbonnier et le respect de son Église, mais aussi l’ironie du moraliste, le goût de la dissidence et un profond respect pour la différence. (Source : Institut Français )

Dernière modification : 16/11/2011

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