Célébration du 14 juillet à la résidence de France

En présence du Premier ministre, Daniel Ona Ondo, des représentants des institutions constitutionnelles, du corps diplomatique et de la communauté française, l’Ambassadeur Dominique Renaux, Haut Représentant de la République française au Gabon, a prononcé un discours dont vous trouverez le texte intégral ci-dessous.

Célébration du 14 juillet à la résidence de France

La célébration de notre fête nationale a rassemblé un millier d’invités dans les jardins de la résidence de France,
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En présence du Premier ministre, Daniel Ona Ondo, des représentants des institutions constitutionnelles, du corps diplomatique et de la communauté française, l’Ambassadeur Dominique Renaux, Haut Représentant de la République française au Gabon, a prononcé un discours dont vous trouverez le texte intégral ci-dessous.
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Cette année encore l’ensemble vocal Baka’Yemba nous avait fait l’amitié d’interpréter les hymnes nationaux de nos deux pays, la Concorde et la Marseillaise, ainsi que plusieurs morceaux du répertoire français. La soirée s’est prolongée par un bal populaire.
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14 JUILLET 2015
Allocution de M. Dominique RENAUX,
Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions constitutionnelles,
Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chargés d’affaires et représentants des organisations internationales,
Monsieur le Gouverneur de l’Estuaire
Monsieur le Général commandant les Eléments français au Gabon,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis gabonais
Mes chers compatriotes,

Nous sommes très heureux, Nive et moi, de vous accueillir pour la première fois en cette résidence à l’occasion du 14 juillet. Moins pour innover que pour renouer avec une tradition, nous avons souhaité cette année recevoir en une seule cérémonie les amis de la France et la communauté française. Merci d’être venus si nombreux. Au nom de l’ambassade de France et de ses agents, et en notre nom propre, nous vous souhaitons la bienvenue.

Liberté. Egalité. Fraternité. En janvier, après les attentats de Paris, la France s’est mobilisée au nom de ces valeurs, parce que son pacte républicain était attaqué, parce que certains ont voulu substituer à cette belle devise un triptyque macabre : intolérance, mépris de la vie, haine de l’autre. La solidarité qui s’est manifestée un peu partout dans le monde a montré que ces valeurs étaient universelles et bien vivantes. Cette solidarité, le Gabon l’a exprimée, ici même, par de nombreuses marques de sympathie à l’endroit de cette ambassade et à Paris, où le Président de la République Ali Bongo Ondimba a tenu à se rendre à l’invitation du Président François Hollande pour participer à la Marche républicaine du 11 janvier. Nous n’oublierons pas ces gestes.
Cette belle devise, nous le voyons un peu partout, reste une source d’inspiration dans le monde actuel : liberté pour les peuples qui veulent se soustraire à toutes les formes d’oppression, y compris la misère, égalité pour les nations qui revendiquent un ordre international plus juste, fraternité pour des personnes plus interconnectées que jamais qui inventent de nouvelles formes de solidarité.
Chaque année cette cérémonie est aussi pour nous l’occasion de réunir les partenaires et interlocuteurs de l’ambassade, celles et ceux qui travaillent avec elle au quotidien pour échanger et se concerter, pour construire des projets, des actions communes, pour faire vivre notre relation dans tous les domaines.
Au cours de ces premiers mois passés parmi vous, j’ai pu constater à quel point ces relations dont vous êtes les acteurs étaient vivantes et dynamiques. Elles sont facilitées par le dialogue politique régulier qui s’est établi entre nos deux chefs d’Etat en de multiples occasions ainsi qu’entre les responsables gouvernementaux et partenaires des deux pays .

Pour des pays comme les nôtres dont les analyses sur les affaires du monde convergent, la concertation est étroite et naturelle. Elle porte sur deux grandes questions globales : la sécurité, le dérèglement climatique.

Au cours de l’année passée, les crises ont eu tendance à se multiplier dans le monde, y compris les crises sanitaires comme Ebola. En Syrie et en Irak, une partie du territoire est occupée par une organisation terroriste. La Libye, le Yémen sont profondément déstabilisés. La menace terroriste surgit en différents points du monde.
Plus près de nous, ce phénomène a pris la forme de Boko Haram, dont les actions violentes ont débordé sur les pays voisins, comme nous l’avons encore vu hélas ces derniers jours. Il s’ajoute aux menaces existantes : trafics, piraterie maritime. Les Etats concernés font beaucoup, mais ne peuvent faire face seuls : ils doivent pouvoir compter sur le solidarité régionale et internationale.
A titre national comme au titre d’abord de la présidence de la CEMAC puis de la CEEAC, le Gabon est conscient de ces menaces et assume ses responsabilités dans la sécurité régionale.
Votre pays s’est ainsi impliqué aux côtés de la France et d’autres dans le règlement de la crise centrafricaine, par un appui politique, matériel et un engagement, d’abord dans les forces africaines puis dans la MINUSCA, qui compte 500 casques bleus gabonais. Nous saluons ce premier engagement du Gabon dans une opération de maintien de la paix des Nations Unies.
Pour faire face aux crises actuelles et futures, le Gabon et la France travaillent ensemble à développer les capacités de défense régionales et africaines : à travers les deux écoles d’état-major et de santé militaire de Libreville, fruit de la coopération entre nos deux pays, comme à travers l’action des Eléments français au Gabon qui mènent une coopération opérationnelle dans la zone CEEAC, dont une large part de formation au profit des forces armées gabonaises.
Ce dispositif à vocation régionale et l’action bilatérale menée par les coopérants français, ici présents, que je salue, font du Gabon notre premier partenaire en matière de coopération de sécurité et de défense en Afrique centrale.

Début décembre, se tiendra à Paris la conférence sur le changement climatique, plus grande conférence jamais organisée sur le sol français avec plus de 40.000 participants. Comme l’a dit récemment le président Hollande, "l’Afrique sera essentielle dans la réussite de la conférence de Paris". C’est pourquoi nous avons salué la contribution nationale que votre pays, le premier sur le continent africain, a fournie au titre de la COP 21.
Là aussi, nos deux pays partagent la même conscience des enjeux. Le Gabon mène depuis de nombreuses années une politique volontariste de préservation et de gestion responsable de ses ressources naturelles. Avec la station de réception d’images satellitaires AGEOS, entrée en service, il dispose d’un outil unique pour l’observation des forêts tropicales et de son domaine maritime et, plus largement, pour la conception de politiques publiques centrées sur le développement durable et une économie sobre en carbone. Ce projet, imputé sur l’accord bilatéral de conversion de dette géré par l’Agence française de développement, tout comme des projets d’appui à la filière bois et à la lutte contre la criminalité faunique, constitue un bel exemple de coopération novatrice et de transfert de technologie.

D’ici décembre nous allons poursuivre notre concertation avec l’objectif de sauver la planète, notre planète bleue, ce bleu que - est-ce un signe - nos deux drapeaux ont en commun. Les pays, les populations les plus frappées par les effets du réchauffement climatique sont généralement des pays du sud qui émettent le moins de CO2. Lutter contre le réchauffement climatique, comme le président français l’a rappelé, c’est lutter contre ces disparités, ces inégalités.

Le succès de la COP 21, la lutte contre le changement climatique ne concernent pas que les gouvernements ; c’est l’affaire de tous, citoyens, associations, collectivités locales. C’est l’affaire des entreprises. Ici même au Gabon, les entreprises françaises, je crois pouvoir le dire, intègrent déjà la dimension environnementale et respectent leurs engagements, dans la filière bois par une exploitation responsable, dans l’industrie pétrolière par une réduction du torchage et dans l’ensemble des secteurs par la priorité donnée au recyclage et à la gestion des rejets et déchets. Pour sa part, l’AFD, dans ses projets en cours et à venir, mène ou planifie d’importantes actions d’assainissement urbain à Libreville comme à Port-Gentil.

Au-delà de l’environnement, nos entreprises adhèrent aux priorités du Plan Stratégique Gabon émergent, celles de la diversification, dont l’actuelle conjoncture pétrolière montre toute l’urgence, celle de la transformation locale, pour créer emplois et valeur ajoutée, celle de la formation professionnelle, sans laquelle rien n’est possible.
La diplomatie économique menée avec détermination par le gouvernement français vise à réduire notre déficit commercial, à attirer des investissements en France, à y créer des emplois, à aider les PME à s’internationaliser. Mais la coopération économique et les investissements privés sont aussi un moyen d’accompagner les pays qui sont nos partenaires dans la création de richesses et le développement durable.
En dépit d’une conjoncture aujourd’hui moins favorable, je constate que les entreprises françaises dans leur grande majorité restent fidèles au Gabon ; plusieurs envisagent des investissements importants et s’inscrivent dans le temps long du partenariat et de la fidélité.
Le complexe métallurgique de Mouanda inauguré le 12 juin offre à la fois un bel exemple d’investissement majeur d’une entreprise comme ERAMET, de diversification, de transformation du minerai produit localement, d’industrialisation et de création d’emplois. Un modèle de coopération économique.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il n’y a pas de développement possible sans éducation, sans formation : elles sont aussi les meilleures armes contre les préjugés, les intolérances, les inégalités, les discriminations
C’est pourquoi la France en a fait une priorité, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Il y a quelques jours nous avons conclu avec Mme le Ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique et professionnel un nouvel accord qui renouvelle pour cinq ans notre coopération en faveur des Ecoles publiques conventionnées. Ces écoles gabonaises scolarisent un grand nombre d’enfants gabonais, français et de nationalités tierces et bénéficient de l’homologation du Ministère français de l’éducation nationale.
Les deux lycées gérés par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger maintiennent eux leur tradition d’excellence. Le lycée Blaise Pascal de Libreville a obtenu cette année 95% de réussite au baccalauréat avec 56% de mentions.
Par ailleurs, 4000 étudiants gabonais fréquentent les universités françaises, un bon nombre grâce au programme de bourses Concorde auquel les autorités gabonaises consacrent des ressources importantes.

Excellences, Mesdames et Messieurs,
"Dans la vie il n’y a pas de solution", disait Saint-Exupéry. "il y a des forces en marche : il faut les créer, et les solutions suivent".
C’est ainsi que je perçois la mission de l’ambassade : favoriser les dynamiques, les initiatives, les synergies, les propositions, sans arrière-pensée, sans arrogance, dans le respect mutuel. Stimuler les échanges bilatéraux pour réussir ensemble, tel est l’objectif assigné aux services français au Gabon.
C’est le cas du Consulat général, qui facilite la circulation des personnes par une politique ouverte de délivrance de visas : 15.500 visas délivrés en 2014, soit 45% de plus qu’en 2011. 94% des demandes satisfaites. 2700 visas de circulation valables plusieurs années pour les entrepreneurs, cadres, fonctionnaires, universitaires, sportifs.., qui se rendent fréquemment en France
C’est le cas de A.F.D, qui finance, je l’ai mentionné, des projets importants dans l’assainissement urbain et l’éducation mais aussi dans la santé et les infrastructures ; je citerai l’achèvement récent de la route Ndjolé-Médoumane
C’est le cas de l’Institut français, lieu de rencontre des étudiants, des artistes, des amis de la France et de la francophonie, portail vers l’enseignement supérieur avec Campus France. L’Institut s’est doté fin décembre d’une médiathèque numérique, la première au Gabon. Il fait peau neuve : à la rentrée, la salle de spectacles sera entièrement refaite et numérisée.
S’agissant de l’ambassade, le projet de relocalisation, ici même sur le terrain de la résidence, de nos trois sites actuels, est lancé. Nous avons sélectionné en janvier l’architecte, les études techniques sont en cours et le chantier devrait démarrer dans l’année qui vient. C’est une autre marque de confiance éclatante dans l’avenir de nos relations.

Mes chers compatriotes,
Que vous y soyez implantés de longue date ou pour des séjours à durée définie, vous êtes nombreux à avoir choisi le Gabon et formez la quatrième communauté française en Afrique subsaharienne. Vous trouvez ici la stabilité, la sécurité, l’agrément et une variété d’expériences professionnelles. Vous avez à cœur le développement de ce pays : il mérite que vous lui donniez le meilleur de vous-même.
Vous êtes vous aussi, les représentants de la France, d’un pays qui met son influence diplomatique et sa puissance militaire au service de la paix, au Conseil de sécurité comme sur le terrain, qui s’efforce avec d’autres de trouver des solutions, sur la crise grecque, sur le nucléaire iranien. Un pays ouvert sur le monde, qui attire les investissements (c’est la première destination européenne pour les investissements dans l’industrie), les touristes (première destination mondiale), les étudiants (300.000 étudiants étrangers vivent en France). Cette attractivité internationale, cette ouverture, vous doivent beaucoup, à vous Français résidant à l’étranger.
Comme chaque été, des membres des services français au Gabon vont nous quitter pour d’autres destinations. Je ne peux les citer tous mais je tiens ici à rendre hommage à Alain Sterbik, pour son concours précieux tout au long de ma première année à Libreville, à Etienne Léandre, qui a fait du consulat un service efficace et apprécié, à Georges Goyon, Dominique Grancher, Pougaj Bichat, Serge Douchet et tant d’autres. Je souhaiterais rendre un hommage particulier et admiratif au Général Fransisco Soriano pour son action exemplaire à la tête des Eléments français au Gabon et de l’opération Sangaris. A tous et à leurs conjoints nous disons merci pour le travail accompli au service de la France et de la coopération entre nos deux pays.
Je souhaiterais aussi remercier tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette réception :
- l’ensemble vocal BAKA’YEMBA qui a interprété nos deux hymnes, la Concorde et la Marseillaise
- les agents de l’ambassade, du consulat, de l’Institut français, des Eléments français au Gabon et le personnel de la résidence
- les forces de la police nationale gabonaise
- nos fidèles sponsors Garep, Prix Import, Sobraga et l’Escale.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

En arrivant ici je savais l’intensité et la diversité de nos relations. J’ai découvert sur place l’extraordinaire proximité humaine qui nous unit. L’histoire que nous avons eue en commun, la langue, les valeurs que nous avons toujours en partage ont rapproché nos peuples, brassé les identités, les destinées.
Ces fils entremêlés confèrent à la relation entre le Gabon et la France, au-delà des conjonctures, un socle solide de confiance et d’intérêts mutuels. En ce 14 juillet je forme un double vœu, une double ambition : celui de bâtir ensemble, à partir de ce socle, une relation rénovée et dynamique qui serve de modèle à l’Europe et à l’Afrique ; celui de former, avec les couleurs réunies de nos deux drapeaux, un arc-en-ciel de liberté, d’égalité et de fraternité.
Vive le Gabon. Vive la France. Vive l’amitié franco-gabonaise. Très bon 14 juillet à tous.

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Dernière modification : 04/09/2015

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