Célébration du 14 juillet à la Résidence de France

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M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, prononce son allocution.
Crédits : Ambassade de France - Davos Style

Le 14 juillet 2016, la célébration de la fête nationale a rassemblé environ 800 invités dans les jardins de la Résidence de France, à Libreville.

On relevait parmi eux la présence de M. Paul Biyoghe Mba, Premier Vice-Premier ministre, de Mme Georgette Koko, Présidente du Conseil Economique et Social, du Vice-Président de l’Assemblée Nationale, du Médiateur de la République, du Secrétaire Général de la Présidence de la République et des représentants des institutions constitutionnelles, du corps diplomatique, des milieux économiques, des partis politiques, ainsi que de la communauté française.

Cette année, l’ensemble vocal « Voix Expression » nous a fait l’amitié d’interpréter les hymnes nationaux de nos deux pays, la Concorde et la Marseillaise.

M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, a prononcé à cette occasion une allocution :

14 JUILLET 2016
Allocution de M. Dominique RENAUX,
Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon

Monsieur le premier vice-premier ministre,
Madame le président du Conseil économique et social
Mesdames et Messieurs les présidents des institutions constitutionnelles ou leurs représentants,
Monsieur le Secrétaire général de la Présidence de la république
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chargés d’affaires et représentants des organisations internationales,
Monsieur le Gouverneur de l’Estuaire
Monsieur le Général commandant les Eléments français au Gabon,
Madame la Consule générale,
Chers amis gabonais
Chers compatriotes,
Mesdames et Messieurs

Nous sommes très heureux, Nive et moi, de vous accueillir à l’occasion du 14 juillet, réunis tous ensemble, amis de la France comme communauté française. Merci d’être venus si nombreux.

Jour de fête nationale et de fête républicaine, le 14 juillet à Libreville est aussi, pour nous, comme une grande réunion de famille annuelle avec tous les partenaires de l’ambassade : autorités et administrations, corps diplomatique, milieux économiques, médias, société civile dans toutes ses composantes.

Sans faire à proprement parler un bilan, cette fête est l’occasion de revenir sur l’année écoulée dont nous avons, Français du Gabon et Gabonais, partagé les joies comme les peines.
Choc du terrorisme qui a atteint durement la France le 13 novembre et a donné lieu ici à de nombreuses marques de sympathie, notamment sur le site de l’ambassade. Depuis, la liste des pays frappés par ce fléau n’a cessé hélas de s’allonger.
Mais joie aussi avec le succès de la Cop 21, qui montre que 195 pays peuvent s’entendre pour sauver la planète. Le Gabon a pris toute sa part dans ce succès. Il a donné l’exemple en présentant la première contribution nationale africaine de réduction de ses émissions, et a fourni un appui décisif à la présidence française jusqu’à la dernière minute des négociations.

Satisfaction aussi de voir un pays proche, la RCA, réussir ses élections et entamer sa stabilisation avec l’aide de ses partenaires. Là aussi, le Gabon joue un rôle apprécié aux côtés de la France, au titre de la présidence de la CEEAC et à travers son contingent de casques bleus à la MINUSCA. Je souhaiterais à cet égard adresser mes condoléances aux familles des deux soldats gabonais décédés hier en opération.

Si nos deux pays travaillent de concert sur les questions régionales ou mondiales, ils le doivent aux échanges réguliers qu’ils entretiennent à haut niveau, à Paris, où le président Ali Bongo Ondimba s’est rendu en visite officielle en septembre dernier, et à Libreville, qui a accueilli plusieurs visites ministérielles françaises et de nombreuses personnalités.
C’est aussi grâce au dispositif qui fait du Gabon notre premier partenaire de sécurité et de défense en Afrique centrale : coopérants, écoles d’état-major et de santé militaire à vocation régionale, coopération opérationnelle des Eléments français au Gabon au profit des forces armées gabonaises et régionales. Autant de moyens de renforcer les capacités sécuritaires de la région face aux menaces comme Boko Haram ou la piraterie dans le Golfe de Guinée.

Sur le plan économique, loin de se reposer sur leurs lauriers, les opérateurs français présents au Gabon participent à la double transition en cours vers le développement durable et la diversification, dont le complexe métallurgique de Mouanda de la Comilog offre un bel exemple.

Signe de confiance dans l’avenir, je constate qu’en dépit de la conjoncture, les entreprises françaises dans leur grande majorité restent fidèles au Gabon, qu’elles s’affirment dans des secteurs en expansion comme le numérique et que plusieurs d’entre elles envisagent des investissements importants. C’est le cas notamment dans les infrastructures de transports, portuaire, ferroviaire, aéroportuaire, ou dans celles de production ou de transport d’énergie, où l’Agence française de développement peut offrir aussi des financements.

Préparer l’avenir, c’est, après l’accord de Paris sur le climat, mettre en œuvre des politiques pour concilier préservation des ressources naturelles et création d’activités et d’emplois durables. Avec l’outil de surveillance de l’environnement par satellite de l’AGEOS, financé sur l’accord bilatéral de conversion de dette, cela devient possible.
C’est aussi satisfaire les besoins essentiels des populations. Ainsi l’AFD a engagé d’importantes actions d’assainissement urbain à Libreville comme à Port-Gentil et va réhabiliter 27 centres de santé dans quatre provinces du pays.
L’éducation et la formation sont au cœur de la coopération entre nos deux pays. 4200 étudiants gabonais fréquentent les universités françaises. Dans le secondaire, les deux lycées à programme français de l’AEFE dispensent un enseignement de haut niveau. Le lycée Blaise Pascal de Libreville a obtenu cette année 94% de réussite au baccalauréat avec 56% de mentions et a inauguré ses nouveaux locaux.
Deux étapes majeures ont été franchies ces derniers mois.
La signature d’une nouvelle convention de 101 MMa FCFA, la plus importante jamais engagée par l’AFD en matière d’éducation, qui permettra de construire et d’équiper 9 collèges et 8 écoles primaires à Libreville et Port-Gentil, soit 500 classes supplémentaires.
L’inauguration le mois dernier de l’Ecole des mines et de la métallurgie de Mouanda, fruit d’un partenariat entre l’Etat gabonais, le groupe Eramet et sa filiale Comilog. Ce projet majeur répond au double objectif de formation professionnelle et de diversification économique.
Au titre de l’appui à la jeunesse, je mentionnerai aussi l’appel à projets « Jeunesse solidaire 2016 » lancé par le service de coopération. Sur 37 propositions des ONG gabonaises, 6 viennent d’être sélectionnés sur des thèmes comme le VIH-SIDA, le volontariat, l’insertion professionnelle des jeunes… Bravo aux lauréats.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Dans quelques semaines, les Gabonaises et les Gabonais vont élire leur président pour un mandat de sept ans. C’est une étape importante qui est suivie avec attention par les partenaires du Gabon. Comme l’ensemble de la communauté internationale, la France souhaite ardemment que ces élections se déroulent dans le calme, dans la transparence et la régularité,
qu’elles permettent un libre débat public, qu’elles viennent consolider la démocratie comme cela a été le cas dernièrement dans d’autres régions du continent, et qu’au total le Gabon en sorte plus fort, plus solidaire, et prêt à consacrer toutes ses forces aux défis économiques et au bien-être de la population. Nous n’avons pas d’autres objectifs.

Nous soutenons pleinement la mission d’observation de l’Union européenne qui devrait contribuer au bon déroulement du processus et favoriser la confiance entre les acteurs.
Mes chers compatriotes,

Vous formez au Gabon la quatrième communauté française d’Afrique subsaharienne, une communauté bien intégrée, qui participe au développement du pays qui l’a accueillie et auquel elle est fidèle.
Vous êtes, vous aussi, les représentants de la France. D’un pays ouvert sur le monde, qui attire les investissements (les 20.000 sociétés étrangères implantées en France emploient 2 Millions de personnes), les touristes, les étudiants.
Un pays qui s’implique dans le monde pour régler des conflits, pour faire reculer la menace climatique, pour que l’Europe continue d’avancer. D’un pays frappé par le terrorisme mais qui accueille la COP 21 et l’EURO 2016. D’un pays qui reste debout.

Au cours de l’année écoulée, nous avons poursuivi la modernisation des services français au Gabon.

Au Consulat général, pour faire face à une demande de visas qui a cru de 45% depuis 2011, un prestataire externe accueille désormais dans de meilleures conditions matérielles les demandeurs et reçoit les dossiers.
L’Institut français, tout à la fois lieu de spectacles, lieu de débat et portail vers l’enseignement supérieur avec Campus France, continue sa mue. La salle de spectacles a été entièrement refaite et numérisée et diffuse des films en sortie mondiale. Chaque mois l’Institut aborde un thème majeur : forêt, francophonie, environnement, théâtre, cinéma, forum des associations.
S’agissant de l’ambassade, le projet de regroupement de nos trois sites actuels sur le terrain de la résidence, se poursuit. Les appels d’offres devraient être lancés en fin de l’année, et les travaux commencer au second trimestre 2017.

Pour les services français au Gabon, l’été est la période des mutations. Je ne peux les citer tous mais je tiens à rendre hommage au Général de division Vincent Guionie, promu à Paris, qui a marqué de sa forte empreinte le commandement des Eléments français au Gabon, aux colonels Paillot, attaché de défense, et Moreau, conseiller à la CEEAC, aux gendarmes Bonnet et Dijon, à Didier Lozingue et, avec une mention spéciale, à mon assistante, Marie France Fulbert-Bez et à Nathalie Piednoir, intendante de la résidence depuis cinq ans. A tous et à leurs conjoints, merci pour le travail accompli au service de la France au Gabon.
Merci aussi à tous ceux qui ont contribué à l’organisation de cette réception :
- l’ensemble Expression Voix qui a interprété nos deux hymnes, la Concorde et la Marseillaise. Je les avais rencontrés en février dernier, lors de l’inauguration de la Maison pour tous de Nzeng Ayong, un projet de l’association OLEBE MPOUGOU.
- les agents de l’ambassade, du consulat, de l’Institut français, des Eléments français au Gabon et de la résidence de France
- les forces de la police nationale gabonaise
- nos fidèles sponsors Garep, Prix Import, Sobraga et l’Escale.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Il y a quelques semaines nos amis britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne. Ce choix démocratique doit être respecté. On peut aussi en tirer des enseignements.
Vous connaissez la parabole de la colombe de Kant, qui, sentant la résistance de l’air sur ses ailes, imaginait qu’elle volerait mieux dans le vide, sauf que dans le vide elle tomberait. L’avenir dira si le Royaume-Uni a gagné à sortir de l’Europe. Ma conviction est que sans cohésion, sans solidarité, l’Europe risque de se morceler et de s’affaiblir alors que le monde a besoin d’une Europe unie et forte. Prenons garde de ne pas compromettre par légèreté des acquis que l’on redécouvre quand ils ont disparu.
Il y a des lendemains de victoires amères, nous l’avons vu récemment, et des défaites sereines et dignes, nous l’avons vu aussi. Au-delà des joies et des peines, dans la vie d’une nation comme dans la compétition sportive, il n’y a de vraie réussite que collective et dirigée vers le haut. Souvenons-nous de Saint-Exupéry : "Si tu veux que les hommes se haïssent, jette-leur du grain. Mais fais leur bâtir une tour, et tu les changeras en frères".

Vive le Gabon. Vive la France. Vive l’amitié franco-gabonaise. Très bon 14 juillet à tous.

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M. Dominique Renaux, Ambassadeur, prononce son allocution lors de la réception du 14 juillet.
crédits : Ambassade de France.
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M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, prononce son allocution.
Crédits : Ambassade de France - Davos Style
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M. Dominique Renaux, Ambassadeur, Haut Représentant de la République française au Gabon, prononce son allocution.
Crédits : Ambassade de France - Davos Style

Dernière modification : 02/08/2016

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