Célébration des 80 ans de la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Gabon

Les vendredi 29 et samedi 30 mai, la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Gabon fêtait ses 80 ans en organisant une foire commerciale. Le lundi suivant, elle officialisait avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris-Île-de-France, un partenariat de « compagnonnage consulaire » d’une durée de trois ans, sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD).

Les vendredi 29 et samedi 30 mai, la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Gabon fêtait ses 80 ans en organisant une foire commerciale. Le lundi suivant, elle officialisait avec la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris-Île-de-France, un partenariat de « compagnonnage consulaire » d’une durée de trois ans, sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD).
La cérémonie de commémoration des 80 ans de la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Gabon, présidée par M. Jean Baptiste Bikalou, s’est déroulée en présence du Premier ministre, Daniel Ona Ondo, accompagné de plusieurs membres du gouvernement, du corps diplomatique ainsi que d’anciens présidents de cette institution.

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A cette occasion, l’Ambassadeur Dominique Renaux, Haut représentant de la République Française au Gabon a prononcé l’allocution suivante :

Monsieur le Premier Ministre, chef du gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues,
Mesdames et Messieurs les représentants des organisations internationales,
M. le Président de la Chambre de commerce du Gabon,
M. le Directeur général,
Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprise,
Mesdames et Messieurs,

Je souhaiterais tout d’abord remercier le président de la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat, M. Jean-Baptiste BIKALOU, de m’avoir fait l’honneur de m’inviter à intervenir devant vous ce matin pour le lancement des Commémorations qui marquent le 80ème anniversaire de la Chambre de commerce du Gabon.
Je voudrais aussi vous dire tout le plaisir que j’éprouve à être parmi vous, avec un fort sentiment de proximité.
Proximité de voisinage, tout d’abord, dans ces locaux si proches de ceux de l’ambassade de France
Proximité historique avec cette institution dont les racines plongent dans la longue histoire commune qui unit le Gabon et la France
Proximité fonctionnelle aussi entre commerce et diplomatie. Prévenir les guerres et protéger le commerce sont, vous le savez, les deux missions fondamentales à l’origine de la diplomatie moderne. Ces missions convergent. Les échanges économiques sont un signe de dynamisme des nations, de vitalité des sociétés, mais aussi la marque de la priorité donnée à l’échange sur la conquête et sur la guerre.
On se rappellera que les premiers consuls étaient établis dans les ports et les cités commerçantes, à Gênes, Rome, Naples et, sous l’empire ottoman, dans les Echelles du Levant, à Constantinople, Alexandrie et ailleurs. Leur mission était de défendre les intérêts des commerçants et des négociants, de les protéger, de régler leurs litiges. Ce commerce avec les Echelles du Levant a fait la fortune d’une ville comme Marseille : et c’est précisément dans la cité phocéenne qu’est créée à la fin du XVIème siècle la première chambre de commerce.

Indépendamment de leurs histoires particulières, il existe entre les chambres de commerce du monde entier une affinité naturelle car elles sont nées du même besoin : celui que ressentent ce qu’on appelle aujourd’hui les opérateurs économiques de se regrouper, de se rassembler pour défendre leurs intérêts, défendre la liberté de commercer et d’entreprendre, besoin aussi de faire valoir leurs spécificités et leurs contraintes aux décideurs publics, de s’entraider par la formation et l’échange, de développer la formation professionnelle. Ce besoin est ancien : la chambre de commerce de New-York est créée en 1768, celle de Paris en 1803 sous sa forme moderne.
Par la suite, au XXème siècle, les chambres de commerce vont s’impliquer directement dans le développement économique et social : gestion de ports, d’aéroports, de gares, construction de logements, contribution à l’aménagement urbain, à l’aménagement du territoire, aux infrastructures. Vous avez rappelé, M. le Président, tout ce que votre Chambre a accompli dans les années 60 et ensuite en matière de grands travaux et d’ouvrages d’art. A l’image, en France, du Pont de Tancarville construit en 1959 par la Chambre de commerce du Havre.

Vous avez rappelé aussi la palette très large des services offerts par les chambres de commerce à leurs membres et leur rôle spécifique dans l’activité économique aux côtés des autres acteurs. Vous avez montré l’apport de la Chambre de commerce à chacune des étapes du développement du Gabon et dressé le bilan de ces huit décennies bien remplies.

Depuis quelques années, suite à son changement de statut et grâce à la recherche de financements extérieurs et innovants, la Chambre de Commerce connaît sous votre présidence une véritable mutation et une restructuration profonde. Elle a mis en place de véritables services au profit des entreprises gabonaises : bourse de la sous-traitance, centre de gestion agrée, centre d’arbitrage, école consulaire etc.. Ce renouveau bénéficie spécialement aux petites, moyennes et très petites entreprises, avec un impact social fort. Il renforce la contribution de la Chambre au développement de l’entreprenariat et à la facilitation du climat des affaires.

Je souhaiterais saisir cette occasion pour me féliciter des relations confiantes que votre institution entretient avec les chambres de commerce françaises, les opérateurs français et les services de l’ambassade de France. Ainsi nous travaillons régulièrement à l’organisation de missions d’entreprises françaises. Vous avez reçu en novembre une mission du Club d’entreprises Bordeaux-Afrique ; la CCI Rhone-Alpes est attendue en juin. Avec Business France, opérateur désormais unique de soutien à l’export et à l’attractivité, avec la Coface, qui peut vous fournir par l’intermédiaire du service économique de l’ambassade des informations de notoriété sur les entreprises françaises pour faciliter la conclusion de contrats, nous avons tous les outils pour rapprocher les opérateurs et promouvoir les échanges entre nos deux pays.
Pour sa part, l’Agence française de développement a conclu avec la Conférence permanente des chambres consulaires africaines et francophones un programme dit de "compagnonnage" qui vise à fournir des services d’appui et de formation aux chambres consulaires pour renforcer notamment le tissu des très petites entreprises et des PME locales. Je suis heureux de noter que l’un des sept partenariats conclus entre chambres françaises et africaines concerne la Chambre de commerce du Gabon et la CCI Paris Ile de France. Ce partenariat très prometteur soutenu par l’A.F.D. sera lancé officiellement dans quelques jours, ici même à Libreville.

Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs,

1935, l’année de naissance que nous fêtons aujourd’hui, nous ramène très loin en arrière, dans une autre époque. L’économie mondiale était encore affectée par la crise de 1929. Les deux principales puissances coloniales, la France et la Grande-Bretagne, vont alors mettre en place une politique de préférence impériale et de barrières douanières pour favoriser les métropoles. On estime ainsi qu’en 1935 les deux tiers du commerce de l’Afrique équatoriale française se faisaient avec la France, dont l’essentiel des besoins en oléagineux, en fer, en phosphates, en produits exotiques sont couverts à l’époque par les territoires africains.

80 ans après, c’est peu de dire que le commerce mondial et les relations économiques entre le Gabon et la France ont profondément changé. L’attachement des entreprises françaises à votre pays, celui des entrepreneurs individuels puis, de plus en plus, des grands groupes ne s’est, lui, pas démenti. Leur implantation durable et leurs investissements en témoignent. Ces entreprises ont accompagné les étapes successives du développement du Gabon, celui de ses infrastructures, de son appareil productif. Elles s’efforcent aujourd’hui de répondre, dans un contexte très concurrentiel, aux nouveaux besoins du pays et aux priorités gouvernementales de diversification hors-pétrole, de transformation locale dans les filières bois et minière, mais aussi de formation professionnelle et de respect de l’environnement, par l’exploitation durable des forêts ou par des mesures comme la réduction du gaz de torchage….
Née sous la période coloniale, la Chambre a traversé ensuite plusieurs périodes : celles des indépendances, de la construction d’une jeune nation, de la guerre froide, de la mondialisation de l’économie et de l’information. Elle s’est à chaque fois adaptée. Je ne doute pas que vous saurez faire face aux nouveaux défis que vous venez d’exposer. Nous continuerons d’être à vos côtés.

M. le Premier Ministre,
Mesdames et Messieurs,

80 ans après, nous sommes dans une époque différente, mais toujours sur la même planète. Une planète menacée, nous le savons, par le changement climatique. A Paris en décembre nous chercherons à parvenir à un accord pour limiter à 2 degrés le réchauffement. Ce combat pour la survie de la planète nous concerne tous. Construire une nouvelle économie mondiale sobre en carbone, respectueuse de l’environnement, valorisant les énergies renouvelables et le recyclage est une nécessité. C’est aussi pour les opérateurs économiques une nouvelle frontière pleine d’opportunités à saisir.
Dans la nouvelle page qui s’ouvre dans la longue existence de la Chambre de commerce du Gabon, je forme le voeu que votre institution et ses membres sachent trouver dans cet impératif de développement durable valorisant les riches ressources naturelles du Gabon une nouvelle raison d’agir dans l’intérêt commun des générations actuelles et à venir, une nouvelle jeunesse..
Au nom de la France, je suis donc heureux de vous souhaiter à vous, M. le Président, aux élus consulaires et aux adhérents un excellent anniversaire, et plein succès aux cérémonies de commémoration des 80 ans de la Chambre de commerce. Je vous remercie.

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La cérémonie commémorative a été suivie d’une visite aux exposants, parmi lesquels figuraient plusieurs sociétés à capitaux français.

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Le lundi suivant (1er juin), la Chambre de commerce, d’agriculture, d’industrie, des mines et de l’artisanat du Gabon, officialisait avec la chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Paris-Ile de France, un partenariat de compagnonnage consulaire d’une durée de trois ans, sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD).

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Dernière modification : 16/06/2015

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